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ACTIU Berbegal y Formas, S.A.
Comment seront les meubles du futur ?

Comment seront les meubles du futur ?

OCTOBRE 2017 | 5 minutes

La tendance des meubles intelligents va bientôt se répandre, et de manière durable. L’électronique constitue à la fois une partie non négligeable de leur conception et un moyen de se renouveler et d’offrir de nouvelles possibilités au consommateur.

Pour la première fois, c’est dans le cadre du salon Feria Hábitat Valencia, qu’Actiu a pu rassembler tous ses designers afin d’initier un débat autour de l’avenir du meuble, sa connectivité, l’influence de la technologie et les opportunités compétitives que cela engendre pour une firme spécialisée en mobilier de bureau.

DES MEUBLES INTELLIGENTS
table ronde

Aujourd’hui, on peut trouver des villes intelligentes, la domotique, l’intelligence environnementale… des facteurs qui sont déjà une réalité pour de nombreuses régions du monde. Et le meuble ? Pourquoi la technologie n’occupe-t-elle pas encore une place fondamentale dans ce secteur ? C’est ainsi que débutait l’introduction de María José Núñez, la directrice du département RT d’AIDIMME. Selon elle, « Smart Furniture est la conjonction de plusieurs variables qui constituent pour l’instant un objectif lointain pour ce secteur : un bon design, l’introduction de la technologie au sein du mobilier, d’une manière presque imperceptible, et la capacité de recueillir des informations, de les interpréter et d’amener des données capables de modifier les conduites ».

Pour Marcelo Alegre, d’Alegre Design, l’avenir du meuble passe par les services. « À l’heure actuelle, nous exigeons d’un meuble qu’il remplisse sa fonction de base d’une façon parfaite, et même qu’il aille au-delà. Dans le futur, nous ne voulons pas simplement son utilisation, nous voulons également qu’il offre des services, tout comme c’est le cas actuellement avec les smartphones. Les portables d’aujourd’hui ne servent pas seulement à appeler : ils concentrent dans notre paume un nombre illimité de services ».  

Pour sa part, Luis Calabuig, d’Odosdesign, affirmait que ce n’est qu’une question de temps pour que le secteur du meuble rejoigne cette tendance. « Actuellement, il existe déjà d’autres secteurs tels que l’automobile ou le textile, dotés d’une capacité financière bien plus importante, dans laquelle l’intégration de la technologie est une réalité. Le meuble est un secteur qui va réussir, mais il nous faut rechercher fonctionnalité et capacité, afin d’y apporter une valeur ajoutée », expliquait-il.

Cependant, pour Javier Cuñado, d’Item Designworks, le risque inhérent à cette intégration provient de l’inégalité importante qu’elle génère : « Il est impossible d’ignorer qu’aujourd’hui, la technologie creuse un fossé entre les citoyens riches et les citoyens pauvres, et cela pose problème. Les meubles intelligents sont déjà une réalité. Le véritable défi, c’est de parvenir à reproduire les données et les interpréter ».

« Notre rôle en tant que designers, c’est que ces données parviennent jusqu’à l’utilisateur et qu’elles anticipent ses besoins », déclarait Javier Cuñado

La nanotechnologie et les avancées en termes de télécommunications, constituent des éléments clés pour le développement des « Smart Furniture », d’après les membres de Ramos & Bassols. « Nous nous dirigeons vers un avenir de services, où la nanotechnologie permettra que les objets puissent détenir la technologie intégrée d’une manière subtile ».

Pour Cutu Mazuelos, de Stone Designs, la mode de la surveillance et de la mesure de toutes nos activités quotidiennes s’assimile à un piège. « Tout le monde n’a pas besoin d’être surveillé par ses meubles ni d’avoir les résultats de leur utilisation. À mon avis, il existe déjà trop d’interaction avec la technologie, je pense que nous risquons d’être submergés à un moment donné. Et le problème, ce n’est pas la surveillance, mais la marchandisation de ses données ».

Concernant le domaine de la gestion des espaces, Mazuelos n’a pas le même avis. « La technologie joue un rôle clé dans la gestion des espaces et de leur surveillance, ce qui peut effectivement aider à la transformation des espaces et à tirer meilleur parti de la productivité des meubles ».

Il en va de même pour Javier Cuñado, qui a particulièrement insisté sur la nécessité de changer la mentalité des entrepreneurs en ce qui concerne la gestion des espaces, des équipements et des méthodes de travail. « L’objectif de la technologie, c’est l’efficience. Dans un environnement de travail intelligent, c’est l’équipe humaine qui doit pouvoir compter sur elle afin d’améliorer son efficience. Générer de la motivation et améliorer le quotidien des personnes, sont deux facteurs qui ne sont pas produits par la technologie pour nous, mais par son utilisation à partir du facteur humain. Pour ce faire, il est nécessaire d’une part, que les entreprises acceptent l’important changement culturel qui a lieu actuellement dans les environnements de travail, et d’autre part, qu’elles incluent la technologie et le meuble en tant qu’outils de gestion ».

En définitive, tous les designers se sont rejoints sur la nécessité d’aborder ces projets à partir de différentes perspectives, parmi lesquelles on retrouve le design industriel, le design de production, mais aussi la conception de la gestion des données, la conception interactive et la conception graphique, afin de pouvoir transformer les données en langage compréhensible pour l’utilisateur, capable d’ajouter de la valeur.